Le Nord et Saint-Denis
Le chef-lieu, l'aéroport et la première nuit sur l'île. Saint-Denis se visite à pied entre le Barachois et le Jardin de l'État ; Sainte-Suzanne cache la cascade Niagara et le seul phare de La Réunion ; la Roche Écrite domine le tout à 2 276 m.
Le Nord, c'est la porte de l'île : on y atterrit, on y dort la première ou la dernière nuit, et la plupart des voyageurs filent vers l'Ouest sans s'arrêter. Ils ratent une ville créole qui se visite à pied, deux marchés couverts, un jardin botanique du XVIIIe siècle et, à vingt minutes, les cascades de Sainte-Suzanne. Donnez une demi-journée à Saint-Denis, le matin de préférence, et gardez le Nord comme base d'arrivée ou de départ plutôt que comme lieu de séjour.
Trois secteurs, du front de mer aux Hauts

Saint-Denis, le centre historique · notre reco
Le Barachois et ses canons, la rue de Paris et ses villas classées, le Jardin de l'État, la cathédrale, la mosquée et le temple sur la même rue commerçante. Tout se fait à pied, en une matinée.

Sainte-Marie et Sainte-Suzanne
L'aéroport, puis la côte agricole du Beau Pays : la cascade Niagara à un kilomètre du bourg de Sainte-Suzanne, le phare de Bel-Air, les bassins de la rivière Sainte-Suzanne, la vanille du Grand Hazier.

Les Hauts : La Montagne, Le Brûlé, la Roche Écrite
Au-dessus de la ville, la fraîcheur du parc du Colorado et de la forêt de cryptomerias, puis le sentier de la Roche Écrite jusqu'au balcon sur Mafate et Salazie. Dos d'Âne et le Cap Noir, juste à l'ouest, sont traités avec Mafate.
Première nuit à La Réunion ? Dormez à Saint-Denis, puis partez tôt.
Après un vol de onze heures, personne n'a envie d'une heure de route. Une nuit dans le centre de Saint-Denis permet de récupérer la voiture le lendemain matin, de faire les courses et de voir la ville avant de rejoindre l'Ouest ou les cirques. Le même raisonnement vaut pour la dernière nuit, surtout avec un vol matinal.
Où se baigner en sécurité
Le Nord n'a ni lagon ni plage aménagée. Les zones où la baignade en mer est autorisée par la préfecture se trouvent toutes dans l'Ouest et le Sud : lagons de Saint-Gilles, l'Ermitage, La Saline, Saint-Leu et Saint-Pierre, plages à filet de Boucan Canot et des Roches Noires.
À Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne, on ne se baigne pas dans l'océan. Le risque requin est réel et l'interdiction préfectorale, reconduite chaque année depuis 2013, s'applique dans la bande des 300 mètres.
Pour se rafraîchir, on va à la rivière : les jeux d'eau du Jardin de l'État pour les petits, le bassin de la cascade Niagara et Bassin Bœuf à Sainte-Suzanne pour les autres, uniquement par temps sec et sans jamais rester sous la chute.

Cascade Niagara · rivière
Chute de 25 m à Sainte-Suzanne, parking au pied. Site non surveillé, baignade interdite par arrêté municipal : les noyades s'y répètent, les crues aussi.

Bassin Bœuf · rivière
En amont, par Bagatelle : un quart d'heure de marche et un bassin en pleine verdure, fréquenté le week-end. Même règle : jamais après la pluie.

Le Barachois · front de mer
On y marche, on y regarde le coucher du soleil, on n'y nage pas. Galets, canons et pelouses : la promenade de la ville.
Une matinée à Saint-Denis, à pied
Le centre se parcourt en trois heures, le matin avant la chaleur. Départ au front de mer, arrivée au jardin, avec un marché et une rue de villas entre les deux.
Le Barachois : les canons pointés vers le large, la statue de Roland Garros, la mer sur les galets. Puis on remonte vers la place de la préfecture.
La rue de Paris de bout en bout : villas à varangues et lambrequins, dont plusieurs classées. La Maison Carrère, au n° 14, abrite l'office de tourisme ; le musée Léon Dierx, au n° 28, ouvre à 9 h (2 €, fermé le lundi).
Le Jardin de l'État, au bout de la rue : arbres étiquetés, fontaine, statue de Pierre Poivre et le Muséum d'histoire naturelle au fond (fermé le lundi).
Un crochet par la rue du Maréchal Leclerc : la mosquée Noor-e-Islam de 1905, le temple tamoul Kalikambal, le Grand Marché (artisanat, fermé le dimanche) et le Petit Marché (fruits et épices).
Les cases créoles de la rue de Paris, varangues ouvertes et lambrequins découpés, dans la lumière rasante du matin.
Placez-vous sur le trottoir d'en face, tôt, quand la rue est vide et que le soleil vient de l'est. La Villa Déramond-Barre et la Maison Carrère sont les plus photogéniques.
Le Nord est un seuil plus qu'une destination, et ce seuil se franchit lentement : Saint-Denis est la seule vraie ville créole de l'île, elle se raconte à pied.
Carnet de la rédaction
Ce qui vaut l'arrêt dans le Nord
Le Barachois
L'ancien petit port de Saint-Denis, aujourd'hui une promenade sur les galets avec une batterie de canons pointés vers le large, installés au début du XIXe siècle contre les Anglais. Le rendez-vous du soir des Dionysiens, et le point d'où l'on mesure les distances kilométriques de l'île.
La rue de Paris et ses cases créoles
L'axe le plus dense de l'île en demeures d'époque : près d'une dizaine de villas protégées au titre des monuments historiques, dont la Villa Déramond-Barre (fin XVIIIe) et la Maison Carrère. Saint-Denis est Ville d'art et d'histoire depuis 2012 ; visites guidées au départ de l'office de tourisme.
Le Jardin de l'État
Le jardin botanique du chef-lieu, dessiné à partir de 1761 pour la Compagnie des Indes et classé monument historique en 1978. Plus de 160 arbres étiquetés, une fontaine Wallace, des jeux d'eau pour les enfants. Entrée libre, tous les jours sauf le lundi. Le Muséum d'histoire naturelle occupe le fond du jardin.
La cascade Niagara
Une chute de 25 mètres de la rivière Sainte-Suzanne, à un kilomètre du bourg, avec le parking au pied. La plus facile des cascades de l'île, et l'une des plus dangereuses en saison des pluies : baignade interdite par arrêté municipal, débit multiplié en quelques heures.
Le phare de Bel-Air
Le seul phare de La Réunion, allumé en 1846 et haut de 20 mètres, classé monument historique. Toujours en service, il abrite aujourd'hui l'office de tourisme et, dans l'ancien logement du gardien, des expositions. Le point de départ pour Sainte-Suzanne.
La Roche Écrite
Le sommet de Saint-Denis, à 2 276 m, et son balcon sur Mafate et Salazie. Depuis Mamode Camp, au-dessus du Brûlé : environ 18 km et 1 100 m de dénivelé, 6 h 30 à 8 h aller-retour, avec le gîte de la Plaine des Chicots à mi-parcours. Partir de nuit pour être au sommet avant les nuages.
Où dormir

Le Juliette Dodu
Une case créole devenue hôtel, à deux pas de la rue de Paris. Le choix de la première nuit quand on veut la ville à pied.

Appartements du centre-ville
Une dizaine de meublés bien placés entre la cathédrale et le Barachois, de 85 à 140 € la nuit. Pratique avec une voiture de location et un vol tôt le matin.

Bellepierre, sur les hauteurs
Le quartier résidentiel au-dessus du centre : plus calme, plus frais, la mer en contrebas. Dix minutes de voiture jusqu'au Barachois.
À réserver
Peu d'offres dans le Nord, mais trois bonnes idées pour un jour d'arrivée ou de départ. Réservation via GetYourGuide.
Questions fréquentes
Faut-il dormir à Saint-Denis en arrivant à La Réunion ?
Rien n'y oblige, mais c'est confortable : l'aéroport Roland Garros est à une vingtaine de minutes du centre, contre environ 45 minutes à une heure pour Saint-Gilles. Après un vol long-courrier, une nuit en ville permet de partir reposé le lendemain. Pour un vol de retour le matin, la même logique s'applique.
Que faire à Saint-Denis en une demi-journée ?
Le Barachois, la rue de Paris et le Jardin de l'État s'enchaînent à pied en trois heures. Ajoutez la rue du Maréchal Leclerc pour la mosquée, le temple tamoul et les deux marchés couverts. Le matin est le bon moment : moins de chaleur, marchés ouverts, lumière sur les cases créoles.
Peut-on se baigner à Saint-Denis ou dans le Nord ?
Pas dans l'océan. Le Nord n'a aucune zone de baignade autorisée : les lagons et plages à filet se trouvent dans l'Ouest et le Sud. Les bassins de rivière de Sainte-Suzanne sont fréquentés, mais la cascade Niagara est interdite à la baignade par arrêté municipal et aucun de ces sites n'est surveillé.
Comment aller de l'aéroport à Saint-Denis sans voiture ?
Les Cars Jaunes (ligne TX vers la gare de Saint-Denis et le Jardin de l'État, 2 €) et les bus Citalis 31 et 33 (1,30 € en prévente, 1,60 € à bord) desservent l'aéroport. Le taxi reste le plus simple avec des bagages, pour un trajet d'une vingtaine de minutes.
La cascade Niagara vaut-elle le détour ?
Oui, parce qu'elle ne coûte rien : 25 mètres de chute, le parking à trente mètres, un kilomètre du bourg de Sainte-Suzanne et 25 minutes de Saint-Denis. Allez-y par temps sec, en semaine, et combinez avec le phare de Bel-Air et une visite de la Vanilleraie du Grand Hazier.
Combien de temps pour la Roche Écrite ?
Comptez 6 h 30 à 8 h aller-retour depuis Mamode Camp, pour environ 18 km et 1 100 m de dénivelé. Le sommet se bouche vers le milieu de matinée : partez avant l'aube, ou coupez en deux avec une nuit au gîte de la Plaine des Chicots.
Notre verdict : le Nord, oui pour une nuit, deux au plus.
Vous arrivez ou repartez tôt, vous aimez les villes qui se marchent, les marchés et l'architecture créole, ou vous voulez enchaîner la Roche Écrite au départ de Saint-Denis. Le Nord est aussi le secteur le mieux fourni en appartements bon marché.
Vous venez pour la plage, le lagon ou les grands paysages : ce n'est pas ici. Saint-Denis est une ville de 155 000 habitants avec ses embouteillages, et la mer y est interdite à la baignade.
Installez-vous dans l'Ouest ou dans un cirque, et gardez le Nord pour le jour d'arrivée.






