Le chemin Summer grimpe derrière Boucan Canot, dans un quartier de villas et de vergers. Sous les manguiers centenaires, une poignée de maisons contemporaines à toiture inclinée ouvrent leurs baies sur des bassins et des graminées. On y loue une villa entière, pas une chambre.
Chemin Summer, le verger au-dessus de Boucan Canot
Ce versant de Saint-Gilles est celui des hauts résidentiels : on domine la route du littoral, on entend la mer sans la toucher, et les plages se rejoignent en voiture en quelques minutes. Les Roches Noires, protégées par un filet, sont annoncées à moins de deux kilomètres ; Boucan Canot et ses tables de front de mer suivent juste après.
La position vaut aussi pour le reste de l’île. La route des Tamarins passe en contrebas : Saint-Leu en vingt minutes, Saint-Pierre en une heure, Saint-Denis en quarante minutes hors heures de pointe. Le port de plaisance de Saint-Gilles, d’où partent les sorties baleines et les plongées, occupe le quartier voisin.
En contrepartie, rien ne se fait à pied. Le chemin est pentu, sans commerce, et la voiture organise chaque journée — y compris pour aller dîner. C’est le contrat de tous les hauts de l’Ouest, ici comme ailleurs.
Six villas glissées entre les arbres
L’ensemble regroupe plusieurs villas louées séparément, de deux cents à plus de trois cents mètres carrés selon la formule, gérées par une agence locale. Celle que nous avons relevée développe deux cents mètres carrés et reçoit jusqu’à huit personnes : cuisine en îlot, salon ouvert sur la terrasse, grande table dressée sous des suspensions de rotin, chambres séparées par des claustras de bois.
L’équipement suit le standing annoncé : climatisation, insonorisation, lave-vaisselle, lave-linge et sèche-linge, télévision avec service de streaming, borne de recharge pour voiture électrique sur le parking. Selon la villa, un bassin privatif prolonge la terrasse ; un barbecue et le jardin planté restent communs au domaine.
Le petit-déjeuner, buffet ou continental, est servi sur place — rare dans une location entière, et c’est ce qui rapproche l’adresse d’une formule hôtelière. L’équipe reste joignable pendant le séjour, ce que les voyageurs retiennent volontiers.
Ce qu’il faut accepter à ce niveau de prix
Le tarif se lit par villa, pas par personne. À huit, la nuitée devient raisonnable pour ce que l’on obtient ; à deux, elle n’a aucun sens. C’est une adresse de tribu, de réunion de famille ou de fin de séjour à plusieurs, pas de parenthèse en couple.
L’offre que nous avons relevée n’autorisait aucun remboursement, et un dépôt de garantie est demandé par carte bancaire à l’arrivée. Les conditions sont celles d’une location haut de gamme : elles se vérifient au moment de réserver, ligne par ligne.
Enfin, ce n’est ni un hôtel ni un resort. Pas de réception ouverte la nuit, pas de restaurant, pas de spa : le domaine mise sur l’espace, le jardin et le calme. La mer se regarde depuis la terrasse et se rejoint en voiture — personne ne descend à la plage en tongs depuis le chemin Summer.




