Îlet des Orangers, à pied depuis le Maïdo
L’adresse tient dans le cirque de Mafate, sur l’Îlet des Orangers — un des îlets habités les plus proches de la crête du Maïdo. On est à 1 100 mètres, sur un plateau agricole entouré de remparts, avec une école, une petite chapelle et une poignée de cases éparses. La famille Lilou y tient un gîte-étape depuis plusieurs générations — c’est une adresse que les randonneurs qui font le tour de Mafate connaissent de nom bien avant d’y poser le sac.
Il n’y a pas de route. On arrive à pied, et la question du choix se joue sur les épaules : quatre kilomètres à vol d’oiseau depuis le belvédère du Maïdo par le sentier des Aloès et le col des Bœufs, soit trois à quatre heures de descente et 1 400 mètres de dénivelé négatif — c’est la voie classique, la plus rapide, celle qu’empruntent les marcheurs qui enchaînent un tour du cirque. L’autre porte, plus longue, passe par Sans Souci et la Rivière des Galets pour cinq à sept heures de marche selon rythme et pauses. Dans les deux cas, on descend au gîte avec les jambes qui reviennent d’ailleurs.
Un gîte, une tente au choix, une table à partager
Le format est celui d’un vrai gîte de montagne. Des chambres familiales sous toit dur, avec armoire, lit et le confort strict d’une étape ; ou, pour ceux qui préfèrent, des emplacements gamping — des tentes déjà montées sur plateformes au jardin, une formule intermédiaire entre le bivouac et la chambre. Les douches et toilettes sont communes, à l’échelle du gîte ; les articles de toilette sont fournis, mais mieux vaut son propre nécessaire.
La vie sociale se joue autour de la table d’hôtes et du bar. Cuisine créole familiale, rhums arrangés maison, bières locales — c’est la formule d’étape complète, avec dîner et petit-déjeuner qu’il vaut mieux prendre sur place (les provisions ne se trouvent nulle part ailleurs dans l’îlet). La terrasse ouvre plein est sur les remparts qui ferment le cirque, et cette vue-là revient dans ce que retiennent les randonneurs de leur passage.
Ce que le gîte n’est pas
Ce n’est pas un hôtel. Le confort est celui d’une étape de sentier — douches partagées, chambres modestes, portable qui capte par éclipses, Wi-Fi qui suffit à envoyer un message rassurant mais pas à travailler. Ceux qui viennent chercher des services d’établissement classique regarderont ailleurs, dans un cirque véhiculable.
L’accès reste la vraie contrainte à intégrer avant de réserver. Aucune route ne monte à Mafate — et cela ne changera pas. La descente depuis le Maïdo est raide, avec un sentier qui glisse par temps humide et des sections exposées ; il faut chaussures de montagne, sac allégé, frontale et une couche chaude pour la nuit (les températures descendent sous les dix degrés en hiver austral). Prévenez la famille de votre heure d’arrivée avant de quitter le réseau : au-delà du parking Maïdo, la couverture mobile se raréfie rapidement.
Enfin, l’îlet n’a pas de distributeur bancaire. Le paiement se fait en espèces sur place — c’est la règle de Mafate, à intégrer avant de partir. Le gîte accueille les randonneurs à l’année, mais les créneaux d’été austral (juillet-août) et de vacances scolaires se remplissent loin devant : le nombre de couchages est limité, et le tour de Mafate attire chaque année une file continue de marcheurs venus de métropole comme de l’île.




