À Rivière du Mât-les-Hauts, la route de Salazie quitte la canne et commence à grimper. Le bungalow est là, en bois du sol au plafond, posé dans un jardin planté avec une plantation de vanille en fond de terrain. Les hôtes vivent sur place et ouvrent eux-mêmes le portail.
La route de Salazie commence dans un champ de canne
Saint-André, c’est la plaine sucrière de l’Est : cannes hautes, temples tamouls aux couleurs vives, usine du Bois-Rouge au bord de l’océan. La commune ne se visite pas pour ses plages — la côte au vent n’en a pratiquement pas — mais pour ce qu’elle ouvre. Elle est la porte du cirque de Salazie.
Depuis le portail, la route monte le long de la rivière du Mât : une dizaine de kilomètres jusqu’à l’entrée du cirque, une bonne demi-heure jusqu’à Hell-Bourg et ses cases créoles. Dormir ici la veille d’une randonnée à Salazie, c’est gagner le premier virage sur ceux qui partent de Saint-Denis. La voiture reste indispensable, comme partout dans l’Est.
L’autre atout tient à l’aéroport : Roland-Garros est à une vingtaine de kilomètres par le littoral. Sur un vol qui atterrit le soir, l’étape est courte, et l’on se réveille déjà du bon côté de l’île. À l’inverse, le ciel de l’Est fait ce qu’il veut : les averses arrivent vite et fort, surtout l’été austral. La terrasse couverte devient alors la pièce principale.
Un bungalow doublé de bois, la vanille derrière
Le logement est indépendant, distribué sur un seul volume : coin nuit lambrissé, escalier de bois, kitchenette avec four et micro-ondes, salle de bains à douche à l’italienne. La climatisation et la télévision sont là, le Wi-Fi aussi, même s’il grince un peu quand on lui demande une visioconférence. Le format se pense à deux, pas davantage.
Dehors, le jardin fait le travail : terrasse couverte, mobilier de table, hamac tendu entre deux poteaux, barbecue à disposition. Le regard porte sur les crêtes qui ferment la vallée. Au fond du terrain, sous une ombrière verte, s’alignent les lianes tuteurées de la plantation familiale, que les hôtes font visiter.
Le petit-déjeuner, continental ou préparé à emporter, sort de la maison et intègre des produits locaux : c’est le geste qui distingue l’adresse d’un meublé anonyme. L’accueil et le départ se font en personne, en français, avec une navette aéroport payante sur demande.
Ce que ce lodge ne prétend pas offrir
Pas de piscine, pas de spa, pas de service d’hôtel : on est chez des particuliers qui louent un bungalow au bout de leur jardin et tiennent leur plantation à côté. Le ménage se fait avant l’arrivée, pas pendant le séjour, et le silence est demandé la nuit — voisinage résidentiel oblige.
La côte au vent ne se baigne pas. Pour le lagon, il faut traverser l’île jusqu’à l’Ouest, soit une heure et demie de route au minimum ; pour le volcan, compter deux heures par la Plaine des Cafres. L’adresse sert l’Est et les cirques du nord, pas les plages.
Enfin, la place manque pour une tribu : le bungalow reçoit un couple, avec un vrai confort mais une surface mesurée. À plusieurs, une villa entière de la même commune tiendra mieux la promesse, quitte à perdre le bois et la vanille.




