Le lagon de La Réunion : la Réserve marine, où se baigner, les règles
Une bande d'eau calme, de moins de deux mètres de profondeur, retenue derrière la barrière de corail sur la côte Ouest. C'est là que l'on se baigne, que l'on nage avec masque et tuba, que les enfants ont pied. C'est aussi une Réserve naturelle nationale, avec ses zones, ses bouées et ses amendes. Le mode d'emploi.
- Où ?
- Côte Ouest : l'Ermitage, La Saline, Trou d'Eau, Saint-Leu.
- Se baigner
- Oui, partout dans le lagon sauf les 5 zones sanctuaires balisées.
- Les règles
- Pas un pied sur le corail, rien à prélever, rien à nourrir.
- Le meilleur moment
- Le matin, à marée haute, avant le vent.
Le lagon est la raison pour laquelle la côte Ouest s’appelle la côte balnéaire. Sans lui, La Réunion serait une île de falaises et de galets battue par la houle. Avec lui, une bande d’eau tiède et transparente, à hauteur d’enfant, s’étire sur une douzaine de kilomètres entre Saint-Gilles et Saint-Leu. C’est un milieu fragile, jeune à l’échelle des récifs, et protégé depuis 2007 par une Réserve naturelle nationale. Ce carnet explique comment il fonctionne, où l’on se baigne, et ce que l’on n’a pas le droit d’y faire.
Comment le lagon fonctionne
Un lagon, ici, c’est un récif frangeant : la barrière de corail a poussé à quelques centaines de mètres du rivage, et la dépression qu’elle abrite s’est remplie d’eau calme. La barrière casse la houle de l’océan Indien, qui déferle en écume blanche sur sa crête. Derrière, l’eau ne dépasse pas deux mètres de profondeur, avec des patates de corail, des herbiers et du sable. Sa température varie entre 23 et 29 degrés selon la saison.
Les passes sont les points faibles. Ce sont les brèches par lesquelles l’eau du lagon repart vers le large ; le courant y est fort, et c’est aussi là que le récif s’ouvre sur la pleine mer. On ne nage pas dans les passes, on les repère aux vagues qui s’y engouffrent et aux panneaux des postes de secours.
Les plages du lagon, une par une
L’Ermitage, à Saint-Gilles, est le plus grand lagon de l’île et le plus simple à vivre : plage de sable blanc sous les filaos, eau peu profonde, poissons dès le bord, deux postes de secours. Notre fiche sur le lagon de l’Ermitage décrit le sentier sous-marin balisé par la Réserve, environ 600 mètres avec masque et tuba, sur réservation.
La Saline-les-Bains prolonge l’Ermitage vers le sud, avec le même lagon et une ambiance plus locale : restaurants de plage, familles réunionnaises le dimanche, poste de maîtres-nageurs ouvert les week-ends, jours fériés et vacances scolaires.
Trou d’Eau, au bout de La Saline, est la plage des activités nautiques : location de kayak transparent et de paddle, plage plus étroite, pas de surveillance. On y nage avec la même prudence qu’ailleurs, sans compter sur un poste.
Saint-Leu a un lagon plus petit, deux plages surveillées au centre-ville, et surtout les plus beaux tombants de l’île juste derrière le récif : c’est le secteur des clubs de plongée, où l’on fait son baptême de plongée dans la Réserve.
Hors lagon, les plages océanes de l’Ouest comme Boucan Canot ne se baignent que dans les dispositifs à filet ; c’est un autre sujet, traité dans notre carnet sur le risque requin et la baignade.
La Réserve naturelle marine
Le décret du 21 février 2007 a créé la Réserve naturelle nationale marine de La Réunion : 3 500 hectares sur 40 kilomètres de côte, du Cap La Houssaye à Saint-Paul jusqu’à la Roche aux Oiseaux à l’Étang-Salé, sur cinq communes. Elle couvre tous les lagons de l’île sauf celui de Saint-Pierre, ainsi que les côtes rocheuses entre eux. Un groupement d’intérêt public, le GIP-RNMR, la gère, avec des agents assermentés qui patrouillent sur l’eau. La Réserve n’écrit pas les règles ; elle les fait appliquer.
Le territoire est découpé en trois niveaux :
- Le périmètre général, sur toute la Réserve : certains usages sont limités. Les jet-skis y sont interdits partout, la vitesse des bateaux est limitée à 5 nœuds jusqu’à 300 mètres du rivage, et les engins à moteur ne circulent pas sur les platiers.
- Les zones de protection renforcée, environ 45 % de la surface : la pêche de loisir y est interdite, sauf pêches traditionnelles sous carte (800 cartes par an), et la chasse sous-marine aussi.
- Les zones de protection intégrale, environ 5 % : toute activité, fréquentation, circulation ou mouillage est interdite. Il y en a cinq : deux à l’Ermitage, une à la Pointe des Châteaux, une dans le lagon de Saint-Leu, une à l’Étang-Salé. Elles sont balisées par des piquets jaunes fixes et des bouées jaunes flottantes.
Pour le baigneur, la traduction est simple : on nage où l’on veut dans le lagon, sauf à l’intérieur des balises jaunes.
Baignade : surveillance, drapeaux, zones
Le lagon est le lieu de baignade le plus sûr de l’île, et il reste une mer. Sept postes de secours tenus par des maîtres-nageurs sauveteurs jalonnent la côte de Boucan Canot à Saint-Leu ; dans le lagon proprement dit, ils couvrent l’Ermitage, La Saline et Saint-Leu, à des horaires qui changent avec la saison et les vacances scolaires. Les communes gèrent ces postes, pas la Réserve : les agents de la Réserve s’occupent de l’eau et du récif, les maîtres-nageurs de vous.
Les drapeaux sont ceux de toutes les plages françaises : vert, baignade surveillée sans danger particulier ; orange, baignade dangereuse mais surveillée ; rouge, baignade interdite. En dehors des horaires du poste, on se baigne sous sa seule responsabilité, en restant près du bord et loin des passes. Avec des enfants, choisissez l’Ermitage ou La Saline aux heures de surveillance, sur le sable, à distance des patates de corail.
Deux situations demandent plus d’attention. Après de fortes pluies, les ravines déversent une eau trouble dans le lagon : la visibilité tombe, et la qualité de l’eau peut être dégradée pendant quelques jours. Et par forte houle australe, entre mai et septembre, les vagues franchissent parfois la barrière et créent des courants dans le lagon ; les postes ferment alors la baignade.
Snorkeling : le matin, à marée haute
Le lagon se visite avec masque, tuba et palmes, dès un mètre de fond. Poissons-perroquets, chirurgiens, demoiselles, parfois une tortue à Saint-Leu ou à l’Ermitage. Trois conseils font toute la différence.
Le moment, d’abord. Le matin, l’eau est la plus claire et le vent n’est pas encore levé ; à partir de midi, l’alizé ride la surface et soulève le sable. La marée compte aussi. Le marnage à La Réunion dépasse rarement un mètre, mais cela suffit pour que le platier affleure à marée basse par endroits : on s’y coupe les pieds et on y casse le corail. À marée haute, on nage partout sans toucher le fond. Les horaires sont sur le site du SHOM ou dans les applications de marée.
L’équipement, ensuite. Un lycra ou un tee-shirt contre le soleil, qui brûle en vingt minutes sur un dos immobile à la surface ; des chaussons de récif pour l’entrée dans l’eau si la plage est caillouteuse ; pas de crème solaire à base de filtres chimiques, qui blanchissent les coraux. Les kayaks transparents et les sorties guidées de la Réserve permettent de voir la même chose sans mettre un pied dans l’eau, ce qui convient aux enfants et aux non-nageurs.
Le comportement, enfin. Nagez à plat, sans battre des pieds près du fond, gardez vos mains pour vous. Un coup de palme dans une patate de corail défait des années de croissance. Et si vous voulez voir plus loin que le lagon, Kélonia, à Saint-Leu, montre les tortues de près et explique ce que la Réserve protège.
Un lagon qui va mal, et pourquoi c’est votre affaire
Il faut le dire : le lagon de La Réunion n’est pas en bonne santé. Le récif est jeune et mince, coincé entre une côte très urbanisée et un océan qui se réchauffe. Les épisodes de blanchissement se répètent quand la température de l’eau monte trop longtemps, les eaux de ruissellement chargées d’engrais et de sédiments étouffent le corail, et la fréquentation piétine ce que les cyclones ont épargné. La Réserve compte les coraux, les poissons et les infractions ; les chiffres ne sont pas bons partout.
Ce n’est pas une raison pour ne pas y aller. C’est une raison pour y aller bien : rester sur le sable quand on a pied, nager à marée haute, ne rien prendre, ne rien donner, et laisser les balises jaunes tranquilles. Le lagon tient à ces gestes autant qu’aux patrouilles.
Ce qu’il faut retenir
Le lagon se trouve sur la côte Ouest, de Saint-Gilles à Saint-Leu, et il se baigne partout sauf dans les cinq sanctuaires balisés. Venez le matin, à marée haute, sur les plages surveillées si vous avez des enfants. Ne posez pas un pied sur le corail. Pour choisir votre plage, votre hébergement et vos activités sur cette côte, notre page sur l’Ouest balnéaire rassemble tout.
Questions fréquentes
Où est le lagon à La Réunion ?
Sur la côte Ouest, entre Saint-Gilles et Saint-Leu, avec un petit lagon supplémentaire à l'Étang-Salé. La barrière de corail s'étend de façon discontinue sur une vingtaine de kilomètres ; le plus grand lagon est celui de l'Ermitage et de La Saline. Saint-Pierre, dans le Sud, possède aussi un lagon aménagé, hors de la Réserve.
Peut-on se baigner dans la Réserve marine ?
Oui. La baignade et le snorkeling sont autorisés dans tout le lagon, à l'exception des zones de protection intégrale, balisées par des piquets et des bouées jaunes, où toute présence humaine est interdite. Le reste des règles porte sur le corail, la pêche, les engins à moteur et les prélèvements.
Le lagon est-il surveillé ?
En partie. Des postes de maîtres-nageurs sauveteurs couvrent l'Ermitage, La Saline et deux plages de Saint-Leu, avec des horaires qui varient selon la saison et les jours. Trou d'Eau n'est pas surveillé. Les drapeaux du poste indiquent si la baignade est autorisée.
Quelle amende pour avoir marché sur le corail ?
Jusqu'à 450 euros. Entrer dans une zone de protection intégrale ou allumer un feu sur la plage peut coûter jusqu'à 1 500 euros, et les infractions les plus graves jusqu'à 22 500 euros. Les agents de la Réserve patrouillent sur l'eau et sur les plages.
Y a-t-il des marées à La Réunion ?
Oui, mais faibles : le marnage dépasse rarement un mètre. Cela suffit pour que le platier corallien affleure à marée basse par endroits, avec un risque de blessure et de casse du corail. Pour nager et observer, la marée haute du matin est la meilleure fenêtre.
Y a-t-il des requins dans le lagon ?
La barrière de corail ferme le lagon et fait obstacle aux grands requins, ce qui en fait la baignade la plus sûre de l'île. Le risque concerne la pleine eau, au-delà du récif. Notre carnet sur le risque requin détaille les zones, les filets et les drapeaux.
